Pour cette nouvelle exposition personnelle de l’artiste Jean-François Fourtou à la galerie RX&SLAG Paris, la famille des Hybridus s’installe dans l’espace de la verrière. Derniers-nés de ses séries de figures hybrides, ces êtres ambigus mi-hommes, mi-plantes, expriment une hybridité à la frontière de l'Humanité et de la Nature. Totalement libérés et affranchis, ils reflètent pour l’artiste une forme d’aboutissement d’une évolution artistique et personnelle longue de plus de trente ans.
Le travail de Jean-François Fourtou réfléchit comme un miroir son histoire personnelle.
C’est principalement dans ses propres expériences et dans son entourage qu’il puise son inspiration. Ainsi, à l’instar de tout son univers, les Hybridus, sont inspirés par sa vie. Ici, parents, enfants, cousins, semblent se retrouver dans ce qui ressemble à une grande réunion de famille. On imagine que le cadre de ces retrouvailles pourrait être Marrakech, là où l’artiste a choisi de s’installer depuis plusieurs années. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les plantes remplacent les têtes des protagonistes. Cette connexion avec la nature, c’est là qu’elle renaît, dans une palmeraie loin de l’agitation urbaine qui berce son enfance et une grande partie de sa vie. Les plantes sont donc celles qui l’entourent, des plantes exotiques, une végétation luxuriante, peuplées de cactus, aloe vera, cyca, etc.
Ses Hybridus sont vêtus de costumes bourgeois, confectionnés à Marrakech. J.F Fourtou accorde une attention particulière à ces tenues, qu’il imagine lui-même. Les vêtements, inspirés d’une époque passée, renforcent encore davantage le côté fabuleux de cet imaginaire où les membres de cette famille semblent appartenir à un autre monde, voire une autre époque. Leur choix n’est pas anodin puisqu’il correspond à l’époque de la jeunesse de ses grands-parents, dont l’univers a nourri tout son imaginaire. Ainsi, les personnages jouent des scènes rattachées à cette époque : Theorbe Leuforbe capture le temps avec sa chambre photographique, Bobby le Beaucarnea s’amuse sur son cheval à roulettes et Maeva joue au cerceau.
Au-delà des références intimes liées à ce travail, c’est aussi un message plus universel qu’il souhaite partager avec ses œuvres, ainsi il célèbre la diversité, l'individu, mais aussi son histoire personnelle, son parcours. À travers cet univers singulier, l’artiste cherche à provoquer une émotion de la part du public et l’invite à se remémorer des souvenirs d’enfance pour renouer, avec poésie et humour avec leur imaginaire et leur innocence. Il décrit son œuvre comme « une invitation à retrouver un peu de ce monde de l’enfance oublié ».